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Ta vie est -elle le reflet de ton escrime ?
J’aime assez cet aphorisme qui dit que l’ ” On juge un arbre à ses fruits et non à ses racines “. Aujourd’hui, après tant et tant d’années de pratique il est normal que je m’interroge et que je nourrisse des réflexions que le pratiquant actif et en devenir ne se pose pas ; par exemple, à quoi cela sert-il d’avoir une technique exemplaire dans la Voie du sabre si parallèlement on ne progresse pas dans sa vie, si les vérités acquises dans le dojo restent enfermées dans celui-ci ; en un mot à quoi cela peut-il servir de n’être que grâce et pour le kendo ; de faire l’admiration de tous par sa prestance et sa gestuelle et de n’être que cela ?
Bon kendo donne bon cœur, bon cœur donne bon kendo. ” J’y crois de toutes mes forces, pourtant, il existe de bons kendokas qui ne voient pas plus loin que le bout de leur shinaï, et dont la force acquise par l’entraînement ne se matérialise que dans la pratique et non dans leur comportement de chaque jour.
Querelle de personnes, jalousie, ego surdimensionné, je serais tenté de dire ” tout ça pour ça ? “ heureusement, en kendō, nous n’en sommes pas encore là !
Vous allez penser, et vous aurez sans doute raison, que vous me trouvez bien amer, bien dépité. Pourtant si vous relisez mes ” chroniques ” précédentes, vous remarquerez qu’elles ont toutes le même fil conducteur : c’est pour une amélioration personnelle que vous devez effectuer le geste parfait, pas seulement pour le ippon. Ainsi ce code idéal de conduite permet une amélioration et des progrès dans le dojo mais également hors du dojo, dans la vie de tous les jours. Il faut mener à bien son cheminement de guerrier, shinaï en main, mais également d’homme dans la vraie vie.
Quand vous passez un grade en kendō, évaluez-vous dans votre vie de tous les jours. La pierre brute que nous sommes doit se polir par la pratique de notre art, mais cela doit aussi avoir des effets sur nous-mêmes. A vous de choisir : pratiquer le kendō pour faire du sport, ou pratiquer le kendō comme un Art aux fins d’un accomplissement dans sa vie d’Homme. Pour moi, la réponse est claire, il n’y en a qu’une et c’est la seule façon de marcher dans la vie sans claudiquer.
Le Senpai
Gérard Pons